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Par Aymeric de Bainville
(Octobre 2002)
La banlieue d'une grande ville du Sud de la France. Pas le
genre zone colonisée par les Nordafs. Ni même ZUP, ZAC ou ZEP, concepts
politiciens. Non, plutôt une ville nouvelle qui attire l'oseille, pas les prolos. Des villas
cossues, des entreprises en devenir, des pôles technologiques fondants, et pour le standing une
unité universitaire up to date.
Les gens se reconnaissent. Mieux, ils se disent bonjour. Le
staccato lancinant des rappeurs n'envahit pas les demeures. Les jeunes ont le teint clair et pas de noirs desseins. Les
voitures et les poubelles ne prennent pas feu toutes seules. Les rodéos nocturnes, on laisse
ça aux thrillers a la tele.
Voila ce qu'aurait pu être notre Douce France sans l'invasion...
Il en subsiste de rares ilôts de paix au milieu de l'océan des furies.
Mais ce paradis en apparence est aussi le royaume de Big
Brother. Caméras partout, hautes grilles, portes blindées, molosses dans les jardins et maitres-chiens sur les chemins. Le
tout ceint de barbelés. Les barbares ne sont pas loin. Un camp de concentration pour riches ou patrouillent jour et nuit des
hommes en noir.
Ces hommes sont armés. La loi l'interdit. Tout au mieux
tolère-t-elle pour les milices privées des balles en plastique ou en caoutchouc. Il ne faut surtout pas
égratigner la racaille. Laquelle ne se gêne pas pour tirer à balles réelles. Explosives
parfois. Mais les assassins ont tous les droits. Leurs victimes n'avaient qu'à pas
être la. C'est vrai puisqu'on le serine tous les jours à la télé.
Pour SOS-RACAILLE, j'ai rencontré trois personnages
emblématiques qui préfigurent, probablement, une facette de la France de demain.
Tout d'abord Jean-Paul, directeur général de la
sécurité, dans son GQG.
Un immense bureau design, métal et verre, décoré
d'écrans plats et de matos radio-radar couinant-clignotant à rendre jaloux le commandant d'un porte-avions.
- Je viens de faire un tour avec une équipe d'intervention
à votre invitation. J'en suis encore tout époustouflé. Assister à une arrestation civile comme en
Amérique, on ne voit pas ça tous les jours chez nous!
- Croyez-moi, mes hommes ne jouent pas aux cow boys pour
le plaisir. Beaucoup sont pères de famille. Ils savent qu'en cas de bavure, la justice ne les ratera pas. Mais ont-ils vraiment le
choix? S'ils prennent un cambrioleur sur le fait, ils le neutralisent, le ligotent, et le livrent
à la gendarmerie. Laquelle ne demande pas mieux que de venir prendre livraison du colis
sans courir de risques.
- Et cela ne pose pas de problèmes au niveau
procédure?
- En règle générale, non. Tout est filmé. Et les victimes n'ont
pas peur de témoigner. Je crois que les gens, ici, apprécient le travail que nous faisons. Ils vivent en paix. Quand, dans
d'autres quartiers non sécurisés, des victimes ou temoins d'une agression ou d'un cambriolage appellent les forces de l'ordre,
celles-ci mettent 30 minutes à intervenir dans le meilleur des cas. Souvent beaucoup plus. Ce n'est pas de leur faute, les
effectifs sont mal gérés, le matériel vétuste, mais le citoyen juge au résultat. Nous,
à la moindre alerte, nous sommes sur place en moins de 3 minutes. C'est ça la vraie police de
proximité.
- Vous souhaiteriez que la loi change, vous accordant de plus
larges possibilités?
- Certainement mais ce n'est pas l'essentiel. Nous sommes
appelés à nous développer et nous banaliser, c'est l'évolution même de la
société qui veut ça. La où les gens ne sont pas assez riches pour se payer ce genre de prestations,
tôt ou tard, les citoyens prendront eux même les choses en main. Comme dans beaucoup d'immeubles on a
viré les syndics indélicats pour gérer directement les charges, il est clair qu'on jettera les
vigiles et gardiens incompétents pour les remplacer par des milices composées des habitants de l'immeuble ou du quartier.
C'est inéluctable. L'instinct de survie finit toujours par l'emporter sur l'indifference, la veulerie ou la
passivité.
- C'est intéressant d'entendre ça d'un ancien commissaire de
police!
- Vous pouvez rassurer vos lecteurs. Je ne suis pas un factieux
voulant renverser la République, bien au contraire, d'une certaine façon je continue d'en
protéger les valeurs. Quand l'Etat est défaillant, parce que paralysé par des lois aussi
idéalistes qu'irresponsables, il faut bien trouver d'autres moyens pour assurer la paix publique.
Deuxieme personne interrogée, dans sa voiture hors de toute oreille
indiscrète, Marc homme de terrain.
- Laisse-moi te demander: Tu as un flingue dans ton holster.
C'est un vrai?
- Non, c'est un pistolet à eau (rires) Blague à
part, il n'est chargé que de ballplasts. Sur un domaine privé, c'est toléré. En tout cas c'est ce qu'on m'a dit au stage. Mais j'ai aussi des
vraies balles dans le kit de survie et dans le riot gun qui, en principe, ne doit pas sortir de la bagnole. Je prie pour ne pas
avoir à m'en servir. Mais si ma peau en dépend.....
- C'est quoi ta formation ?
- Je ne suis pas complètement demeuré. J'ai une maitrise en
psycho, c'est-a-dire un passeport pour le chômage par les temps qui courent. Alors j'ai atterri dans la
sécurité. Il y a une
telle demande dans ce secteur qu'on nous forme en deux mois avant de nous lacher dans la nature. Pour moi ca va. D'autres
ont besoin d'être encadrés. Mais le patron n'est pas fou. Les instables, il ne leur donne que le poing
américain et la matraque plombée. La légitime défense, c'est aussi une riposte
appropriée.
- La pycho c'est bien pour discuter. Mais tu as d'autres atouts
pour convaincre ?
- Tu veux parler des lacrymos et de la matraque electrique?
Ouais, 35000 volts c'est aussi un bon argumentaire pour calmer les zyva débiles-agressifs.
- Et il n'y a pas d'actions de représailles des "potes"
après une
neutralisation ?
- Ils ont essayé une fois. On s'est occupé d'eux. Avec les
mêmes méthodes que les leurs, mais une meilleure organisation. Depuis, la racaille du coin balise...
Troisième personnage qui a accepté de me répondre
librement, tout en dirigeant une ronde, Rachid, chef d'équipe d'intervention.
- Nous on se connait déjà, alors je fais les présentations, tu
étais para dans la légion avant de venir ici.
- Oui, apres l'armée j'ai monté ma propre affaire, mais avec les
investissements en matos toujours plus performants, je n'y arrivais plus. Quand la
société X. m'a proposé de me
racheter 75% de ma boite tout en me maintenant sur place, ca a été un vrai ballon
d'oxygène....Bon, je ne suis pas dupe, il
leur fallait un arabe dans l'équipe.
Aujourd'hui pour casser du voyou bronzé, même les blacks et
les chinois sont accusés de racisme par les avocats. Y'a qu'un arabe qui a le droit de tabasser un autre arabe!
- Et ca ne te pose pas de problème de fracasser des
coreligionnaires ?
- D'abord, la religion je m'en tape. Ensuite, pour moi ce sont
d'abord des racailles qui doivent être neutralisées. J'ai aussi bloqué des blancs, pour moi y'a pas de
différences, un voyou
est un voyou.
- Tu n'as pas peur face à des cinglés qui ouvrent le feu
même
sur les vrais flics ?
- Je te répondrai comme Sarkozy l'autre soir: "Il faut n'avoir
peur de personne mais se méfier de tout le monde!" Ceci dit, comme tous les intervenants ici, je continue de m'entrainer
régulièrement, et la nuit je suis un peu plus vigilant. Bon, tu as vu, on est
armés, les flics le savent mais préfèrent ne pas
savoir.
- Et les clients, je veux dire les personnes protégées ?
- Sympas dans l'ensemble. Ils n'ont pas trop le choix. Ils
crêvent de trouille malgré les chiens, les alarmes, les capteurs, les senseurs, les
caméras, les radars... Une présence musclée
les rassure. On arrive vite au moindre appel, souvent pour rien, un bruit suspect, un animal, le vent... Mais ils ont besoin de se
sentir protégés.
- Tu crois qu'ils ne pourraient pas se défendre eux
même ?
- J'en connais qui ont des armes. Mais on ne s'improvise pas
baroudeur en 3 secondes quand on a bossé toute sa vie dans un bureau. Moi, je suis tranquille pour l'avenir. Avec la
politique des banlieues, c'est pas demain que je risque de pointer à l'ANPE.
Voila.
Ceci est un descriptif de l'état des lieux. Pas un
panégyrique.
Mais on n'a pas le droit d'occulter cette réalité. Une réalité quotidienne pour un nombre croissant de nos compatriotes. Et
une réalité qui fait tâche d'huile. Même si les média, qui doivent avoir beaucoup
à y gagner, continuent à nier ces faîts.
Ceci se passe dans un endroit précis. Et dans quelques autres
qui lui ressemblent. Mais ce n'est pas - pas encore - un arrêt sur image pour toute la France. Au pire (au mieux?) est-ce une
préfiguration de l'avenir. A chacun de juger.
A chacun de se demander: Si j'étais vraiment
menacé, moi et
ma famille, comment réagirais-je? Jusqu'où irais-je? Préfèrerais-je crever, en voyant ma femme
violée et mes
enfants assassinés, au nom des grands et beaux principes humanistes?
Ou serais-je prêt à engager des mercenaires, voire
à tuer moi même, pour gagner le droit de continuer à survivre dans la jungle urbaine?
La question n'est pas facile. La réponse n'est pas forcement
manichéenne.
Aymeric de Bainville
Commentaires de P.R, officier de police en région parisienne
Depuis de nombreuses années l'état, par son désir constant de
protection des libertés, a surprotégé le citoyen en freinant de plus en plus l'action de la Police et de la Justice pour en arriver
à la situation actuelle: Un Ministère en ruine physique et morale qui ne croit pas ou plus dans les diverses réformes inutiles et
plutôt médiatiques qui changent au gré des gouvernements successifs sans pour autant aller dans le sens de la loi et de la
justice.
Comme le confirme ce patron de société de sécurité privée,
face à l'abandon par l'état de son devoir de protection du citoyen contre les crimes et les délits, il ne reste plus que la
solution de la sécurité privée.
Solution qui nous arrange en tant que fonctionnaires
de Police à plusieurs titres afin de palier notre absence sur le terrain.
Malgré la mise en place de la "Police de proximité", le nombre grandissant de tâches indues telles la garde de bâtiments
administratifs, les gardes d'édifices religieux, gardes de détenus ou autres centres de rétention,
services d'ordre en tous genres, mobilisent un nombre grandissant de nos forces qui ne sont plus
à
même de faire leur travail, de combattre et interpeller les auteurs de crimes et
délits.
L'interpellation de délinquants ou de criminels par des services
de sécurité privée, appuyée par des témoignages ou bien même des images vidéos, nous permet
de boucler plus rapidement
une procédure sans mettre en porte à faux les agents interpellateurs qui sont de plus en plus
accusés à tort par les délinquants de violences illégitimes au cours des interpellations,
voire de vol simple par ces mémes délinquants multi-récidivistes qui trouvent toujours une oreille très
compatissante de la part de notre hiérarchie, toujours prête à casser du flicard pour gravir plus rapidement les
échelons de
carrière de notre administration.
Vu cette situation, même si les membres de ces services de
sécurité privée ont des armes que la loi leur interdit de posséder ou d'utiliser, il nous est plus facile de fermer les yeux
sur les "dérives" de ce genre.
Dans cette " guerre " contre les racailles en tous genres, nos
alliés sont peu nombreux, même au sein de notre propre ministère. Qu'il s'agisse de
vigiles ou de simples citoyens qui
fassent leur devoir, nous ne pouvons nous permettre de refuser leur aide dans cette lutte
quotidienne pour affirmer le droit et le respect des lois.
Cette collaboration (au sens positif du terme) est nécessaire
dans l'intérêt du public face à la dépénalisation galopante de notre société accentuée par le législateur et les juges qui
continuent, contre tout bon sens, de prôner la prévention au détriment de la répression.
Néanmoins et en dépit du bon sens, il est à prévoir une
réaction sévère de la part des politiques et des juges en cas de "débordements" liés
à ce travail en commun, face à un
délinquant qui trouvera toujours une association ou une administration à son
écoute.
Qu'il s'agisse d'agences de sécurité ou de Polices
municipales, le problème reste le même sur notre territoire où les carences de la Police Nationale comme celles de la Gendarmerie
mettent en danger l'honnête citoyen qui paye ses impôts et qui devrait avoir droit
à la sécurité pour lui et sa famille.
Seule la sécuritй locale ou privée pourra nous permettre de
freiner ou juguler cette hausse exponentielle de crimes et délits face à l'abandon de l'état Républicain de son principal devoir.
La sécurité malheureusement sera liée aux moyens de chacun et sera ainsi
à 2 vitesses, sans pour autant nous éviter de
continuer de payer des impôts pour un état qui cessera (et qui a déjа cessé) de vous
protéger, de nous protéger !
En tant qu'Officier de Police je n'aurais jamais cru devoir
payer au niveau National, Municipal et privé (sans oublier ma profession) pour espérer vivre avec ma famille et mes enfants
sans avoir la crainte que ceux-ci soient un jour les victimes d'un système qui a montré ses
limites et qui court à sa propre perte !
Capitaine P.R, Région
parisienne
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